Samedi 14 novembre 2009

 

« Je suis de retour. Je ne vous infligerai pas de discours pompeux sur mon accident. Voici une prophétie, la première d'une longue série. Merci de votre attention. »

 

Yuri Kane





 

Chapitre 1

Ce que Dieu attends de nous

 

 

La première fois, ce fût une serviette de table. Elle s’éleva dans le salon, me frôla légèrement avant de s’élancer vers une rambarde de sécurité une dizaine de mètres en contrebas de l’immeuble. Hypnotisé par le rythme lancinant des phares de voitures, cet événement s’imposa comme un élément intégré au spectacle de l’autoroute. Le va et vient des bolides à l’intersection de la ville et de la forêt au coucher du soleil vous donne un aperçu d’éternité mille fois ressassé. Le phénomène se reproduisit plusieurs soirs d’affilés, souvent en début de soirée. Je fini mon repas et profite du paysage sur mon balcon. Je regarde les voitures. Je retiens les numéros de plaques et j’établis des statistiques en fonctions des données se présentant à moi. Marque, modèle, couleur, décoration, vitesse, modification corporelle, style de conduite. J’attends qu’un nouvel accident se produise. Quand vous avez assisté en direct, sans aucune possibilité d’interaction, à la mort d’une trentaine de personnes dans un crash routier, la présence d’un fantôme dans votre appartement de banlieue vous arrive comme on dépose un prospectus de Ce que Dieu attends de nous dans votre boîte aux lettres. C’est aussi superflu qu’un autocollant cyber posée sur le pare brise d’une vielle AX attaquée par la corrosion.

 

 

*

 

 

Chapitre 2

Mon fantôme est joueur

 

 

J’attends quelques invités, un soir de printemps. Mon fantôme est joueur. Il ne joue qu’avec les tissus. Et comme  il est prévisible, quand l’ambiance retombe légèrement, je mets la musique à fond, je lance un tee shirt au milieu de la pièce, il prend son envol pour danser dans les airs toute la nuit. Personnes n’a peur, d’aucuns disent qu’il s’agit du fantôme d’un clubber. Nous jouons au jeu du mime avec un drap. Il forme des animaux, des objets ou diverses instances monstrueuses innommables en ce monde. Elles feraient détourner le regard au plus endurci des hommes.

 

Ce soir là, toujours, Victor, alias Vicco la chips molle, alias l’étrangleur de Calais, essaie d’attraper le fantôme. Il saute dessus, il lui échappe, puis s’accroche au tissu flottant avant d’être trainé sur plusieurs mètres à travers le couloir. Question ambiance, c’était vraiment au top. Jusqu’au moment où il est revenu de la cuisine armée d’un couteau et de mauvaises intentions. Il traversa une foule aux prises avec les fumées de cigarettes qui font rire. Il est minuit et il plante le fantôme sur un air d’electrojazz. Il met en pièce mon tee shirt inanimé. Il gueule : « J’tai niqué ducon ! J’t’ai niqué ducon ». Il se retourne vers moi, ses gros doigts rongés aux sangs me présentent un couteau vierge de toute agression corporelle. Sa veste de sport prend une ampleur non conventionnelle, il gonfle comme une montgolfière. Vite. Trop vite. Il s’écrase sur le plafond, il est jeté par terre. La tête la première. Victor, alias Vicco la chips molle, alias l’étrangleur de Calais a perdu de sa superbe, comme tous mes hôtes. Finie la soirée, tout le monde se casse, le fantôme attrape quelques proies au passage et les balance contre les murs en s’agrippant à leurs vêtements. Les voitures, elles, suivent une route tracée d’avance.

 

 

*

 

 

Chapitre 3

Vol au dessus d’un nid de carbu

 

 

C’est à partir de ce jour là que j’ai commencé à me balader à poil chez moi. Cette solution ne m’a jamais empêché de recevoir dans la tronche des manteaux, des slips ou des chaussettes sales. La nuit, j’ai tout essayé. Avec draps ou sans draps, je finissais toujours à un moment donné par me retrouver sans couverture ou alors à m’envoler, comme durant cette dernière nuit de cohabitation. J’étais fermement décidé à tenir tête à mon fantôme.

 

J’avais appris dans l’après midi la disparition de Victor, alias Vicco la chips molle, alias l’étrangleur de Calais ; dans un accident de voiture. Cette nuit là, mes draps ont commencés à glisser, doucement puis plus rapidement. Je me suis accroché. J’ai réussi à tenir quelques secondes. La force de mon adversaire était trop forte pour retenir la couverture dans la pièce. Il me traine dans les escaliers, dans l’entrée, pulvérise la vitre du rez-de-chaussée. Je n’ai pas lâché prise et je me suis retrouvé à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol. J’ai survolé la ville. J’ai survolé les faubourgs. J’ai survolé les champs. J’ai survolé la forêt. De là-haut je pris mon mal en patience en étudiant l’ensemble du réseau routier sous un nouvel angle. De nouvelles perspectives de comptabilité compulsives s’ouvraient à moi. J’ai atterri trop rapidement, devant une cabane avec une couverture comme seul vêtement. La cabane surplombant l’autoroute. Là où vivait jadis l’ermite qui s’est pendu le jour où les bulldozers ont amorcé la construction de l’autoroute, juste sous ses fenêtres. Cette maison, nous sommes des milliers à passer devant chaque jour mais personne ne pense à ses résidents, personne ne la voit. Le monde l’ignore.

 

En franchissant la porte je me retourne une dernière fois vers l’autoroute. J’observe les voitures de sport, les berlines, les coupés, les breaks familiaux plonger à pleine vitesse dans le cœur de la vallée. Je me dis que l’ermite à eu tort de se pendre. La meilleure façon de s’isoler ce n’est pas de se cacher du monde mais d’en être à son passage. Se rendre invisible dans le désert ne sert à rien si quelqu’un sait que vous vous y réfugiez. Au croisement du monde vous n’êtes qu’un figurant, un morceau de chair en évidence sur un croc de boucher, oublié de tous. Votre calvaire est précieux. Sans vous, ces routes n’ont aucun sens. Chers automobilistes, arrêtez vous toutes les deux heures, profitez-en pour prier ou délivrer une offrande aux divinités oubliées de la route.

 

 

*

 

Chapitre 4

La chapelle des ermites

 

C’est une infection dans cette cabane, chaque parcelle du sol craque sous vos pieds. Chaque mur est recouvert de cadavres de bouteilles à tous les étages ; un morceau de corde coupée trône impassiblement autour de la poutre du salon. En toutes apparences, ce sont les amoncellements de bouteilles et de canettes de verre qui tiennent la maison debout. Je glisse sur le sol pour ne pas réveiller un monsieur qui dort à terre. En étudiant la barbe du bougre prendre racine dans le plancher je m’interroge sur les motivations du fantôme. Loin de trouver un saint en ce lieu, je retrouve un des ces alcooliques du camp basé sur les contreforts de la rampe de lancement de l’échangeur d’autoroute. Il vit dans ce taudis puant.

 

Une femme l’accompagne, elle ne m’a pas encore vue, elle range des bouteilles dans la chambre du fond, je fais face à un autel de verre. Le vent se lève au travers des murs. Des branches tombent et craquent d’un son étouffé aux alentours. Le bruit s’intensifie pour m’enlever un doute, mon fantôme démonte la cabane planche par planche. Je cherche à sortir au plus vite, la vielle femme courbée attrape mon regard à l’instant où j’entrevois une lumière provenant du toit, c’est la lumière de la lune qui traverse les facettes vertes, brunes, rouges et blanchâtres de l’édifice. Ca souffle et tombe de plus belle au dehors. Les planches, dans leur envol, forment un jeu d’ombres chinoises éventrant le ciel, mais les bouteilles ne cillent pas d’un pouce. Je reste planté là, absorbé par le spectacle, une minute, deux minutes, peu importe, la femme s’est agenouillée devant un totem de cristal dans une nouvelle pièce révélée par la reconfiguration de l’architecture intérieure. Je m’avance vers elle en ajustant mon drap pour en faire une splendide toge rouge carmin. Comme le clochard se réveille, la cabane est entièrement désossée. Sa mue achevée, elle devient une chapelle de verre trônant au dessus de l’autoroute.  

 

La lune et les pleins phares au loin illuminent l’intérieur de mon église saillante de milles feux. J’avance en direction du chœur et je chante de ma plus belle voix des cantiques aux alcooliques, soutenu par l’accompagnement vibratoire de puissantes cylindrées. Mes compagnons embrassent mes pieds. Ma toge passe du rouge sombre au vert pastel quand j’amorce le dernier couplet. Je suis totalement intégré à mon église vitrail. Je m’envole, je plane au dessus de mes fidèles plusieurs fois. Je les invite à communier, j’écarte grand les bras en renversant la tête en arrière. Je convulse et ils s’agrippent à moi pour me relever. Je décolle une dernière fois, aux prises avec une ivresse insatiable, l’église tourne autour de moi, tout semble s’envoler et prendre sens. Je les perçois toujours, ils s’accrochent à ma toge. Dehors, le trafic s’accélère. Le soleil pointe. Nous nous élevons tous les trois dans le ciel, mettant un terme à la messe, nous transperçons le toit. Les bouteilles roulent par centaines, l’édifice entier s’effondrant sur le sol, elles dévalent vers l’autoroute. Les divinités cachées de la route ne méritent que des édifices éphémères.
Ainsi soit-il.

 

 

*

 

 

Chapitre 5

Les fantômes de l’autoroute

 

Je continue mon vol, un parent à chaque bras, en rase motte. Une Golf GTI recouverte de poussière nous double, elle double d’autres conducteurs avec la même autorité, pleine d’énergie et de brutalité. Nous la suivons et nous atterrissons sur la bande d’arrêt d’urgence, à l’entrée de l’aire d’autoroute la plus proche. Nous sommes les autostoppeurs contraints de ce monde. La transe opère toujours par à coups. J’aperçois un être lumineux de l’autre coté de la route, je suis pris d’un dernier spasme. Il traverse sans sourciller entre les voitures, c’est un grand plaisir pour lui de se montrer sous l’un de ses vrais visages. Je saisis sur l’instant que mon ancien compagnon le fantôme se tient devant moi. Je suis mort et invisible. Nul besoin d’ouvrir la bouche pour communiquer, ni de bouger les bras pour voler. Instantanément je comprends. Je suis un ange, et nous, les divinités invisibles de la route. Nos premiers disciples s’affairent autour des poubelles du restoroute route à la recherche de bouteilles.

 

Le Nil de notre civilisation charrie son lot de vie et de spectres minéraux. Le soleil se lève pleinement sur une golf GTI au loin. Le conducteur plisse les yeux. Je me tiens à la place du mort. Il cherche à baisser son pare soleil. Il ne peut entrevoir mon maître que nous traversons à l’entrée de l’aire d’autoroute. Par mégarde le conducteur empreinte la mauvaise sortie à pleine vitesse, avant de se raviser. Je revisite au ralenti un accident déjà présent dans ma mémoire. Je connais déjà l’histoire. Un car de touriste nous précède et nous percutera lorsque le conducteur perdra le contrôle de la voiture en glissant sur la pelouse. Je suis à nouveau spectateur d’un accident qui à déjà ôté mon âme. Il est temps de continuer la route à la recherche d’êtres en pannes ou de flux embouteillé. Nous veillons sur votre dernier voyage.

 

 

 

 

 

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : Plaisirs nocturnes
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Dimanche 8 novembre 2009

Je suis Walter Mäntzsche et comme vous devez le savoir maintenant j’assure l’intérim de la gestion de ce journal de campagne. Yuri Kane sera de retour parmi nous dans les jours à venir avec des visions fracassantes, alors témoignez à yurikane2012@gmail.com. En attendant voici une réponse de Yuri Kane.



"Cher Yuri, je suis chaque semaine vos publications avec intérêt et je me dois de vous poser la question suivante ainsi formulée :

 

Alors que vous tapez régulièrement sur les chrétiens, les juifs, les musulmans et même sur les athées je ne vous ai jamais vu dire du mal ou du bien des bouddhistes. Yuri êtes vous bouddhiste ?"

 

 

Je vous suis reconnaissant d'avoir posé cette question j'ai laissé les bouddhistes dans un coin et j’ai fini par les oublier. Ils étaient en méditation et ne gênaient personne en attendant leur tour. Tout d'abord je ne suis pas bouddhiste. Mes propos intolérants auraient du vous mettre la puce à l'oreille. Mais alors pourquoi ne pas taper sur les bouddhistes ? Voila une vraie question.

 

Alors pourquoi ne pas taper sur les bouddhistes ?

(Ca c'est une vraie question)

 

Parce que taper sur un bouddhiste c’est inutile. C'est comme taper dans un ballot de paille, ça encaisse, ça ne vous fait ni mal ni plaisir, ça ne répond pas, ça ne couine pas mais ça peut nettoyer vos chaussures si elles sont pleines de boue, voila le seul intérêt que j'ai trouvé à taper sur un bouddhiste. Si vous en voyez un autre vous pouvez m'envoyer un email à yurikane2012@gmail.com.

 

 

Saurez-vous reconnaître dans cette image le chrétien pédophile, le juif dominateur et le bouddhiste gay ?


 

Un dignitaire chinois vient de m'envoyer un email à l'instant même pour me dire que les fascistes chinois auraient un autre intérêt à taper sur les bouddhistes. Pour se différencier des fascistes européens qui comme chacun sait, ont une préférence pour taper les juifs. C'est une valeur sûre.

 

Comme je l'ai dit plus haut, taper un bouddhiste en Europe n'aura qu’un seul effet : vous faire passer pour un crétin ou un campagnard. Vous pouvez aussi taper un musulman mais cela ne suffira pas pour faire de vous un bon fasciste, tout au mieux un bon français. Quant à taper un chrétien, cela fera de vous un terroriste si vous êtes musulmans mais jamais un fasciste.

 

Pour revenir à nos bouddhistes, il faut dire qu'ils n'ont rien pour eux. Ils ne pratiquent pas la torture, ils ne volent pas de sacs à mains, ils ne complotent pas de plans de contrôle du monde dans d’occultes conseils d'administration, ils n'organisent pas de croisades, ne portent pas de chapeaux ridicules, ils ne pratiquent pas de sexe avec de jeunes enfants, ils n'imposent pas d'interdit religieux complètement farfelus et n'ont pas pris la mauvaise habitude couper un bout de leur zizi pour plaire à leur dieu. (Veuillez admirer ici toute la richesse de mes préjugés).

 

Le bouddhiste attend et c'est ce qui peut choquer les plus virulents d'entre nous comme Alain Soral ou Jean Luc Méléchon. Tous deux des bonnes figures d'idiots du village prêt à taper sur le premier ballot de paille qui se présente.

 

Question suivante !

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La question qui fâche
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Dimanche 1 novembre 2009

Vous êtes sur le blog de Yuri Kane qui est encore  en convalescence pour le moment (merci de lire les messages précédents pour plus de renseignement). Je suis Walter Mäntzsche et j’assure l’intérim de la gestion du contenu de ce journal de campagne. Je vous invite à découvrir les archives non publiées de Yuri Kane en attendant son retour. N’oubliez pas 2012 approche et notre courrier des lecteurs reste ouvert, témoignez sur yurikane2012@gmail.com.

 

 

Question de JH43ansdu51 - Doit-on couler Daniel BUREN dans une colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm ?

 

Il s’agit là d’une question à double tranchant. Quel effet voulez-vous produire en coulant l’un de nos plus illustres artistes dans du béton ? Je vois deux solutions, le réduire au silence en lui offrant un sarcophage digne de son génie ou utiliser Monsieur Buren comme le support visuel d’un happening ou d‘une installation vidéo.

 

Je vous laisse seul juge de votre audace s’il s’agit de la seconde proposition. Dans l’autre cas il est intéressant de se plonger sur le cas Buren. Le champion national de l’art officiel et de la polémique en carton.

 

Séquence vidéo, plan fixe :

Daniel Buren coule à la vitesse d’une image par seconde dans un bain de béton. Le béton coule de deux sources, l’une noir, l’autre blanche.
Image 342. Fin.
Retour en arrière et lecture. Vous pouvez continuez la visite et admirer d’étranges ready made sur votre droite.

 

Rappelons pour nos plus jeunes lecteurs qui était Daniel BUREN avant de devenir le petit vieux sénile et râleur que l’on ressort de temps à autres à la télé, comme dans l’émission « Capital » de M6 parce qu’il ne percevait pas de droits d’auteurs sur les ventes de cartes postales où figurent des photos de places publiques décorées de ses colonnes financées par le contribuable.

 

Buren c’est l’artiste contemporain que tout le monde connaît et que personne n’aime vraiment. Mais quoi de plus intéressant pour les médias de masse et pour le Beau Monde qu’un artiste qui n’a pas grand-chose à dire mais sur qui tout le monde peut avoir un avis. Daniel BUREN c’est le type qui pose des rayures sur tous les supports. Si vous voyez des rayures sur n’importe quoi, vous pouvez dire « c’est du Buren » et vous aurez l’air intelligent, voir cultivé. Mais ne trahissons pas ses propos, voici ce qu’il en dit :

 

Citation :
«Je n’expose pas des bandes rayées, mais des bandes rayées dans un certain contexte».

 

Voila qui est dit.

Voila à quoi se limite notre culture.

Ne parlons pas de choses profondes. Limitons-nous à diffuser notre petit avis sur la question. Buren permet à tous d’avoir un avis sur la question, parce que c’est un artiste qui ne pose pas de questions et qui apporte des réponses. Nous discutons d’un contexte sans s’interroger sur le fond, puisque le vide a remplacé le fond ou que le vide n’en finit plus de toucher le fond. Voila l’un des multiples renversements de valeurs opérés par l’art depuis plusieurs décennies.

 

Sous couvert d’une problématique d’objectivité, d’« outil visuel » et de transgression  des frontières artistiques et sociales, Daniel BUREN continue à nous servir sa soupe froide et sans saveur depuis presque trente ans. Il révèle les lieux, affirme-t-on.

 

Depuis quand un lieu a-t-il besoin d’être révélé par la construction de pilonnes en béton alors que seul la lumière révèle ?

 

Deux choses.

Son œuvre se réclame d’un caractère impersonnel et anonyme.
C’est risible.

Et puisque tout le principe des bandes repose là-dessus, pourquoi ne s’est il pas battu pour que Ses Colonnes ne portent pas Son Nom, pourquoi s’acharne-t-il a reproduire à qui veut bien le voir Son Motif Mégalomane ?

 

Ensuite, Daniel BUREN restera pour la postérité un imposteur auprès du public. Un bâtisseur qui a édifié des ruines. Un habilleur sans rêve et sans foi qui prétend révéler le caractère d’un lieu à l’aide de décors insipides et sans redoutable revendication esthétique. Là aussi permettez-moi de revenir à la charge et de répéter qu’il est vain de prétendre à l’impersonnalité et à l’anonymat quand on a fait de ses « bandes » une telle marque de fabrique.

 

Certains (sont-ils encore si nombreux ?) voudraient nous empêcher de critiquer les produits de Daniel BUREN. Ce n’est pas de l’agitation ou un ravalement qui masqueront le délabrement esthétique et conceptuel de toute une époque.

Le roi est nu. Son apparat de béton s’émiette à vue d’œil.

 

Note :

Toi, le jeune étudiant en art qui lit ces lignes, ajoute une touche d’humour dans ton devoir d’histoire de l’art en recopiant cette boutade. Les pilonnes de Daniel BUREN sont à la sculpture ce que les maisons Mikit sont à l’architecture.

 

On pourrait croire que Daniel BUREN est un artiste docile qui obéit aux ordres et aux commandes et qui se contente de faire d’aligner les bandes. Mais point. Daniel BUREN est un artiste avant d’être un mercenaire, donc un rebelle.

Le genre de rebelle qui déclare à l’AFP que l’état de dégradation des ses colonnes est, je cite « du vandalisme d’état ». Après que nous ayons financé cet alignement de béton aux alentours de 9 millions de francs à l’époque, soit environ 1,3 millions d’euros d’aujourd’hui, Monsieur Buren demande à ce que nous réglions la note de la restauration dont le devis approche les 3 millions d’euros.

 

Ce qui est intéressant avec Buren c’est que ses thuriféraires avancent l’idée que dans les siècles prochains il ne restera plus de la capitale que les fondations de bâtiments à visiter. Comme nous visitons en Grèce et en Italie les ruines et les fondations des édifices de l’antiquité, les touristes du futur visiteront les colonnes de Buren qui sont éternelles car déjà détruites. C’est un concept, dit-on en langage artistique.

Eclaircissons plusieurs points pour nos lecteurs qui ne parlent pas la novlangue artistique.

 

Premier point. D’un point de vue bêtement physique le béton ne survivra pas à la pierre, et les colonnes ne survivront pas aux bâtiments Haussmanniens ni au Louvre. Quand on voit la façon dont l’installation s’est désagrégées en à peine vingt ans, Daniel BUREN, trop imbu de sa personne, n’aura pas la décence de porter la responsabilité de ladite dégradation sur ses épaules et surtout il ne remettra pas en cause ses compétences en matière de maîtrise d’ouvrage. Ce qui devrait porter à réflexion à tous les acheteurs d’art qui souhaitent miser sur le long terme.

Première conclusion :
Daniel BUREN ne ferait pas un bon architecte, même chez Mikit.

 

Second point. Si les vestiges de Paris sont visités dans le futur par les archéologues il faut que Daniel BUREN sache qu’il aura au moins le mérite de porter à la connaissance de nos descendants toute la ruine de la pensée du 20ème siècle. Quand ils chercheront à comprendre quel édifice était construit sur ces fondations et qu’un rapide calcul montrera que rien ne pouvait se tenir à cet endroit. Il sera terrifiant pour nos visiteurs de savoir que des artistes ont conçus des monuments à la gloire du vide et du néant.

Seconde conclusion : Cela n’est-il déjà pas terrifiant ?

 

Troisième point. Cher Daniel BUREN, vous menacez de faire détruire ces colonnes. Alors passez aux actes ! Laissez un message dans les commentaires si vous cherchez de la main d’œuvre bon marché, on peut vous filer un coup de main. Nous sommes équipés pour ce genre de chantier. Vous pouvez aussi me contacter à cette adresse : YURIKANE2012@gmail.com.

S’il vous prend l’idée de me poursuivre en justice pour diffamation, merci d’avance, cela aurait un impact influant sur l’audience de ce blog de campagne. Et l’on sait à quel point vous êtes un incomparable support médiatique.

Troisième conclusion : Alors vos colonnes sont en train de se désagréger, c’est tout votre système de pensée qui tombe en miette. Aucune agitation médiatique de soutiendra le vide soutenu par vos colonnes.

 

 

Pour mes lecteurs qui ne regardent que les images et lisent le texte en diagonale voici un petit résumé de ce que je viens d’écrire.

Daniel Buren c’est : (rayez la mention inutile) 

L’art officiel infligé à la population.

Une vision de l’exception culturelle française au reste du monde.

Un artiste qui met en avant le contenant et le sponsor à défaut d’avoir du contenu.

De la branlette post moderne.

Un « outilleur » visuel visant l’éternel qui construit des édifices qui tombent en ruine en deux décennies

Un cuistre visant l’impersonnel et qui est incapable de s’effacer derrière son œuvre.

 

Alors mon cher JH43ansdu51, à votre question doit-on couler Daniel BUREN dans une colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm ? Je vous répondrais que cela n’en vaut pas la peine. Les artistes meurent, les œuvres survivent, ou pas. Nous pouvons faire en sorte que ces blocs de bétons ne survivent pas à leurs commanditaires puisqu’elles ne veulent pas aspirer à l’indifférence.

 

Aussi si vous n’avez pas les facilités de vous rendre au palais royal pour pilonner du béton vous pouvez construire vous-même votre propre colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm de large et la disposer sur la place de votre village. Après avoir provoqué le débat dans la presse locale, il ne vous restera plus qu’à détruire votre colonne au burin.

 

Ajout :
L’un de mes collaborateurs me fit remarquer que les enfants aiment bien jouer sur les colonnes et que cela amuse aussi les touristes. Je répondrais que si les enfants et les touristes apprécient l’art contemporain c’est parce que les œuvres d’art contemporaines sont des jouets pour grands enfants et leurs musées sont devenus des cours de récréations culturelles.

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La question qui fâche
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Lundi 5 octobre 2009


Vous êtes sur le blog de Yuri Kane qui est actuellement en convalescence (merci de lire les messages précédents pour plus de renseignement). Je suis Walter Mäntzsche et j’assure l’intérim de la gestion du contenu de ce journal de campagne. Je vous invite à découvrir durant l’été des archives non publiées de Yuri Kane en attendant son retour. N’oubliez pas 2012 approche et notre courrier des lecteur reste ouvert, témoignez à yurikane2012@gmail.com.

 


En triant vos réponses à la question «La fin approche  / Témoignez » je fusse obligé de classer vos messages sur l'imminence de la fin du monde en plusieurs dossiers. Je reviendrai prochainement sur ces témoignages. En attendant voici l’organisation de mes archives :

 

- Un dossier nommé "Allah te coupera les testicules" avec les mails m'annonçant que je suis sur un mauvais chemin et que "Seul Allah tout puissant connaît la date de la fin du monde". Le tout suivi d'une flopée d'insultes et de menaces destinées à mon âme d'impie et à ma famille de porcidés qui garantiront à leurs auteurs, je l'espère, une bonne note le jour de l'évaluation finale.

 

- Un dossier nommé "Convertisseurs en ligne" avec les mails d'individus ou d'organisations souhaitant me convertir à toutes sortes de sectes (Jéhovah, Journal de Mickey, Action contre la faim, Canalsat, Parti Socialiste, Casino en ligne…). J’ai mis aussi dans ce dossier les powerpoint concernant les prêtres pédophiles même si cela n'a rien à voir avec la fin du monde, quoique…

 

- Un dossier nommé "Jésus revient pour le feu d'artifice" désespérément vide. Je m'attendais à recevoir des mails de chrétiens de tous acabits qui m'apporteraient leur soutien mais ils n'ont pas l'air d’être aussi réactif que leurs cousins du sud. Après 2000 ans d'attente de la fin des Temps, ils ont appris à être patient ou sont trop occupés à enseigner aux enfants que si Dieu fond dans la bouche, il durcit dans la main.

 

- Un dossier nommé "La fin du monde par le langage" avec les messages concernant la fin du monde mais sans connotation religieuse ou prosélyte. Souvent ces missives à la construction approximative ne font pas plus d'une phrase et l'absence de ponctuation ne facilite pas leur lecture. J'ai cru au départ qu'il s'agissait de messages « spam » pour me soutirer de l'argent mais des indices m'ont convaincu qu'il s'agissait de messages de bons français de souche. Tout d'abord les Africains parlent bien le français, c'est l'héritage de la colonisation et en plus ils n'ont pas de téléphone portable. C'est pour cela que s’ils peuvent parler le petit-nègre, ils ne parleront pas le SMS. D'autre part, les IP des messages ne proviennent ni du Bénin, ni de Côte d'ivoire mais bel et bien de notre chère mère patrie, ce qui confirmerait l'imminence de la fin du monde par la mort du langage.

 

- Un dernier dossier nommé "La fin du monde c'est qu’on ne verra plus clair" contenant le témoignage de soutien que j'ai reçu. Il s'agit d'un message de Anne-Marie :

 

 

 

 

 

"Kikoo

 

Je suis une dame de 51 ans et je ne peux travailler depuis deux ans à cause d'un problème d'ostéoporose. Pour moi l'ordinateur est devenu une distraction, une fenêtre sur le monde, mon soleil. Je n'ai nullement intention de faire quoi que ce soit sur votre site. Merci de m'avoir lu et merci aussi si j'y suis accepté gratuitement.

 

Sincèrement, Anne-Marie"

 

 

Voila qui accrédite la thèse selon laquelle la fin du monde c'est quand on ne verra plus clair. Petit rappel scientifique, sans soleil, votre corps ne synthétise pas la vitamine D indispensable à la fixation du calcium sur la trame osseuse. Dans un hiver nucléaire il y a encore pire que de manger du chat et de draguer des filles qui ont du poil aux jambes. Il y a mourir à petit feu, les os en miettes en m'adressant un e-mail, croyant que je suis un guérisseur ou un modérateur des forums de Doctissimo.

 

 

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : Témoignages de la fin du monde
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Samedi 5 septembre 2009



Notre équipe continue d'éplucher les questions que vous nous envoyez par mail à YURIKANE2012@gmail.com le temps de la convalescence de Yuri, notre prophète.

 

Ce n'est pas la peine de me demander de faire sauter vos PV ou si je vais faire baisser le prix du fioul, vous avez des députés pour ça. Je suis prétends à la fonction suprême, non à légiférer sur des questions d'ordre ménager. Parmi les questions que vous m'envoyez beaucoup touchent à la religion. Voici une interrogation de Monsieur Noé qui mérite que l'on y réponde sans détour.

 

Noe@xxx.com – Les athées sont-ils les cousins des grands singes africains ?

 

Tous les plus grands exégètes, de Philip K. Dick à Eric Naulleau, ont occulté cette question primordiale. Sûrement parce que la Bible n'aborde pas de front le sujet des grands singes africains, des êtres désespérément rétifs à toute idée de progrès. Et c'est d'ailleurs la grande erreur des Pères de l'Eglise d'avoir considéré l'Epître aux grands singes africains comme un texte apocryphe. La preuve que l'Eglise met les athées, les païens, les animateurs télés et les grands singes africains dans le même panier. Alors regardons en détail ce qui sépare l'athée du grand singe africain.

 

Les grands singes africains ne croient pas en la civilisation de consommation malgré les preuves tangibles de son existence. Une promenade dominicale dans un centre commercial suffit pour constater qu'il existe des grands singes occidentaux qui ont compris tout l'intérêt de la civilisation de la consommation.  Mais le grand singe africain est profondément sceptique, et perfide.

 

Pourquoi devrait-il aller au supermarché alors qu'il à la banane à portée de bras me direz-vous ? Et vous avez sans doute raison.

 

Le grand singe s'obstine à ne croire en rien en dépit de toute logique. Il reste sur sa branche, il ne nettoie pas sa voiture, il refuse de porter du rose même si c'est la mode cet été et pratique le sexe libre sans capote ni accessoire. Le grand singe est un hippie doublé d'un nihiliste.

Alors que l'athée est descendu de la branche pour se persuader de ne croire en aucune chose tout en éprouvant la nécessité suprême de prendre sa voiture le samedi pour draguer en vain des pétasses qu'il ne sautera jamais et pour se rendre dans des boutiques où il achètera des marchandises dont il n'a pas besoin. A ce moment du récit je dois donner avantage au grand singe qui se réveille le samedi matin avec la gueule de bois, enfourne la première croupe venue et velue puis se recouche avec la satisfaction d'avoir résolu avant midi toutes ses problématiques existentielles du week-end.

 

Première hypothèse : Oui les athées sont les cousins des grands singes africains mais ils sont atteints de dégénérescence. L'exemple type est un myopathe sidéen émasculé, dépigmenté et dépourvu de fourrure qui croit que la trinité Téléthon / Sophie Danvant / Expérimentation génétique sur des fœtus vont lui apporter la guérison.

 

Le Tome 1 de la Bible tendrait à confirmer cette hypothèse. Noé, dans le reportage animalier biblique, doit faire monter sur son bateau des animaux purs et non purs. Si les athées et les grands singes africains ne sont jamais représentés dans les images d'archives du jardin d'Eden et de la montée dans l'Arche c'est qu'ils n'ont pas l'air d'avoir été convié pour la croisière. Il n'y alors qu'un pas à franchir pour affirmer qu'ils sont des animaux tellement impurs que Noé n'a pas pensé à eux. Mais certains disent qu’il s’agissait d’un problème de logistique car ils habitaient trop loin du Proche-Orient et d'autres disent que c'est bien fait pour leur gueule, ils n'avaient qu'à croire au progrès. Autant de raisons de les laisser crever dans leurs arbres.

Et puis je n'ai jamais vu de bonnes sœurs danser la country sur la place du beffroi à Dunkerque au mois de décembre pour le Téléthon ou de curé chanter "On ne fait que passer" en duo avec Line Renaud sur TF1 pour le Sidaction. C'est dire à quel point les institutions catholiques se soucient peu des maladies athées engendrées par le sexe libre sans capote dans les forêts africaines alors que les institutions cathodiques ont réussis à en tirer profit.

 

Alors comment les grands singes africains, les cochons et les athées ont-ils survécus à la montée des eaux décrétée par Dieu ?

Il faut savoir qu'avant le déluge le cochon n’existe pas, c'est un fait. Pour l'athée et le grand singe africain nous n'avons aucune certitude de leur non-existence antédiluvienne. Quand la Bible ne réponds pas à l'une de nos questions tournons nous du coté des sciences et de l'Histoire.

Abou-dja'far mo'hammad-ibn-djarir-ibn-yazîd tabarî, le premier historien musulman, nous apporte une réponse sans concession au sujet de la création du cochon. Il nous explique que Noé dans son incompétence en maîtrise d’œuvre de chantier naval a oublié d’équiper son arche d’un système d’évacuation des déchets. Il faut avouer que l’arche était devenue une véritable porcherie avec tous ces animaux d’une pureté plus que douteuse. On oublie trop souvent que Dieu créa le monde, l’homme faillible, les animaux purs et l’excrément. Alors Noé caressa un éléphant et un porc sorti de son anus et porc nettoya le navire. On peut aussi se demander si sous un tel déluge le bateau avait vraiment besoin d’être nettoyé.

 

Quel tour de force d’avoir fait du cochon un animal impur alors qu’il a nettoyé toute la merde d’animaux anarchistes et irrespectueux du service d’équipage.

Le grand drame du porc est sa serviabilité et sa naïveté.

Le grand drame du grand singe africain est sa désinvolture.

Si les grands singes africains étaient un peu plus responsables, on aurait peut-être parlé d’eux dans la bible. Ce qui aurait résolu les questions de filiations. L’athée étant désinvolte devant dieu et naïf dans la vie j’estime que sa filiation avec le porc et le grand singe africain est irréfutable.

 

Noé qui était un piètre navigateur eut recours à des oiseaux pour savoir s’il était proche du rivage. Alors comment pouvait-il être certain que les grands singes africains dans leur profonde désinvolture n’avaient pas survécus. La désinvolture et la naïveté de Noé pourraient nous indiquer que Noé est soit un grand singe africain, soit un porc ou soit un athée. Sachant que le porc n’existait pas avant Noé on peut dire que Noé n’est pas un porc. Si l’on considère que Noé papotait avec Dieu, il n’était pas athée. Mais rien ne prouve que Noé ne soit pas un grand singe africain, surtout que la bible ne mentionne pas sa taille.

Une certitude, Noé s’est révélé être un pochtron. Il est envisageable qu’un soir de vendanges, quand il cuvait son vin de messe et que les cochons nettoyaient le bordel ; il caressa une truie peu farouche qui donna naissance à Cham, l’un des trois fils de Noé qui selon la Bible est l’ancêtre des peuplades africains.

 

Ce qui m'amène à établir cette nouvelle hypothèse : Les athées sont des grands singes africains qui ne craignent pas le déluge.

Avant le génocide diluvien orchestré par le bon Dieu il n'existait ni cochon ni singe. Après le déluge, un marin juif alcoolique donna naissance à une lignée africaine de grands singes en forniquant avec un porc un soir de fête païenne. Les singes reçurent en héritage la désinvolture, le goût du sexe libre, une naïveté sans limite et la peur des inondations, ce qui les poussa à vivre dans les arbres sans profiter des inventions du monde moderne. Les athées sont donc des grands singes africains qui n'ont plus peur de l'eau et qui sont descendus de leur branche pour acheter des bananes à l'hypermarché.

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La question qui fâche
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