Mercredi 5 août 2009

Vous êtes sur le blog de Yuri Kane qui est actuellement en convalescence (merci de lire les messages précédent pour plus de renseignement). Je suis Walter Mäntzsche et j’assure l’intérim de la gestion du contenu de ce journal de campagne. Je vous invite à découvrir durant l’été des archives non publiées de Yuri Kane en attendant son retour. N’oubliez pas 2012 approche et notre courrier des lecteurs reste ouvert, témoignez à yurikane2012@gmail.com.

 

Les magiciens sont des dictateurs

 


 

Il est difficile de croire que se cache derrière la petite bouille ronde et affable de Harry Potter un dictateur en herbe qui vous demandera un jour d’effectuer le salut nazi en vous coupant les testicules avec le sourire. Le satanisme n’y est pour rien dans cette histoire.

 

Notez que l’association de mots clés Harry Potter + dictateur + nazi + testicules + satanisme devrait me rapporter son pesant de visiteurs nains à lunettes rondes. Prions pour qu’ils n’aient pas de baguettes magiques avec des piles en état de marche. Vous comprendrez pourquoi en lisant la suite de ce communiqué d’une importance capitale pour l’avenir de l’humanité.

 

Après avoir essuyé des menaces écrites et verbales j’ai pris conscience des limites de l’action politique. Ce qu’il manque à l’homme politique c’est une baguette magique.

Notez que certains disposent d’une braguette magique, qui ne change pas le monde mais permet à certaines de grimper les échelons. Donc si j’avais une baguette magique, je pourrai enfin agir dans le concret, sur le terrain comme on dit. Pour cela il me faut définir une action. Quoi de plus démocratique que de demander son avis à tout le monde sur une question orientée :

 

 

« Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous?

Ou bien que changeriez-vous ?

N'en mettez pas 10 pages, soyez conscient de vos limites cognitives, 2 lignes suffisent. »

 

 

 

Et voici une sélection de réponses reçues (après correction orthographique) :

 

« Si j'avais une baguette magique, je réparerais ma chasse d’eau qui fuit et fait monter mes charges. »

« Je changerais de téléphone mobile, qui commence à montrer des signes de faiblesses »

« Je partirai dans un endroit où je serai tranquille avec mon ptit amour ! »

Attendez-vous vraiment d’avoir une baguette magique pour vous sortir les doigts du cul et faire ce que vous désirez ?

 

 

« Je ferrai apparaître une moto, un sac a dos plein de billet de banque qui se rempli tout seul au fur et à mesure qu'on le vide, et je partirai sillonner les routes pour le distribuer à ceux qui en ont besoin. »

Je connais quelques proto-dictateurs en manque de cash pour financer des guerres inter-ethniques. Lors du prochain Dakar vous pourriez éventuellement faire un détour avec votre moto cross pour faire un don à ces africains dans le besoin.

 

 

« Je réduirai au silence ma belle mère et je mettrai les cons sur orbite.. »

« J’imposerai le respect à tous les gens qui me croiseront. »

 « Je mettrai tout le monde sur le même pied d'égalité. »

« Je rendrai à la planète l'aspect qu'elle avait avant que les hommes ne viennent la polluer de leur présence. »

« Je ferai disparaître tous les petits vieux qui se plantent au milieu des rayons avec leurs caddies à Carrefour le samedi matin. »

« Je prendrai bien la baguette magique pour transformer certains individus en lapins de garenne ou en moustiques pour leur apprendre un peu ce que vivent ceux qu'ils terrorisent toute l'année sans toujours s'en rendre compte ou ceux qu'ils ignorent royalement du haut de leur grandeur. »

« Je changerai aussi mon ancien psy en crotin de vache. »

Bienvenue dans le monde merveilleux des tueurs en série armés d’une baguette en noisetier.

 

 

« Moi j'enlèverai les mots guerre, misère et maladie du dictionnaire pour que la souffrance n'existe plus. »

Prenez un dictionnaire, des ciseaux, un sac poubelle et le tour est joué.

 

 

« La première chose que je ferai serait de me changer moi-même ... pourquoi parce que j'ai des défauts que je n'aime pas du tout... »

« Si j'avais une baguette magique, j'opterai pour un changement radical sur mon physique (sauf le visage les mains et les pieds). »

Je n’irai pas plus loin sur les exemples liés au physique, je ne ferai pas dans l’abjecte et dans l’exploitation de la misère affective. Les forums de doctissimo sont déjà placés sur ce segment.

 

 

« J'inventerai le remède pour prévenir et guérir le sida. »

Et les cancéreux ? Et les myopathes ? Ils peuvent toujours crever ?

 

 

« Je supprimerai la mauvaise haleine des gens qui me parlent d'un peu trop près. »

Qu’attendez-vous pour leurs proposer un chewing-gum bon sang !

 

 

« Je me donnerais 36 maîtresses toutes plus belles l'une que l'autre. »

« Je me l’enfoncerai dans l’orifice adéquat. »

« Mouah si j'avais une baguette magique, je voudrai pouvoir devenir invisible quand je veux!!!! Je me faufilerai dans les chambres de beaux mecs la nuit....et sous la douche.... »

J’arrête ici pour la rubrique sexe. D’une manière générale les complexes libidineux sont associés à la nécessité d’avoir un compte en banque rempli.

 

 

« Si j'avais une baguette magique, je ferai en sorte que l'on trouve un remède pour toutes les maladies que l'on ne peut pas encore guérir, je ferais en sorte qu'il n'y ai plus de souffrance physique ou morale. »

Le grand classique après la paix dans le monde, ça part d’un bon sentiment mais que faire dans la pratique.

Exemple : Vous chutez de moto et vous perdez une jambe. Alors la jambe se recolle-t-elle d’elle-même sans douleur ou faut-il se rendre à l’hôpital le plus proche pour la recoudre quand même ? Mais l’hôpital n’existe plus, il a été transformé en résidence d’artiste suite à la grande crise de l’industrie médicale qui a vu les salariés des laboratoires, les médecins et les fabricants de médicaments victimes de joyeux plans sociaux. Heureusement que la baguette magique éradique la souffrance morale, vous serez chômeur, mais content. Vous pourrez mourir en pissant le sang sur le bord d’une route départementale en souriant et toute votre famille sera heureuse d’immortaliser cet instant magique avec leur appareil photo numérique.

 

 

Finalement j’ai tenté d’établir un classement de ce que les êtres humains du début du 21ème siècle souhaitent réaliser avec une branche de bois :

-           Guérir de toute les maladies au dépends de toute considération économique.

-           Faire le bien autour de soi en agitant frénétiquement une branche de noisetier à proximité de son entourage.

-           Résoudre des problèmes domestiques nécessitant juste un peu de volonté ou de franchise.

-           Se transformer en mutant.

-           Stopper les radiations d’une guerre nucléaire.

-           Tuer des gens en masse par commodité ou par plaisir.

-           Assouvir ses perversions les plus inavouables dans un coffre fort rempli de billets.

 

Au vue des résultats de ce sondage et dans l’éventualité où je recevrai un jour une baguette dans ma boite aux lettres j’ai acheté un sac de ciment. Je coulerai la baguette dans un petit bloc et je m’inscrirais dans la première croisière dansante venue avec Pascal Sevran et je jetterai le bloc au milieu de l’atlantique pour éviter au monde les désastres qu’il encourt. J’applique aussi le principe de précaution, j’ai fait installer un four crématoire dans mon salon ou j’incinère toutes petites branchettes que je trouve sur mon passage.

 

Il manque dans ce sondage la parole d’individus qui veulent prendre le contrôle du monde avec la baguette magique pour installer une dictature et conditionner les humains. Il y a eu bien entendu quelques petits plaisantins qui m’ont menacé de me faire disparaître ou de me conduire aux autorités compétentes en matière de psychiatrie, mais pas de véritables dictateurs en puissance. Sont-ils trop occupés à échafauder leurs plans de conquête.

 

Un seul message, que je n’avais pas remarqué au départ, me fais peur et m’a fait prendre conscience que les petits magiciens à lunettes sont bien plus pernicieux qu’ils en ont l’air. Voici la preuve ultime que les magiciens sont des dictateurs.

 

« Avec une baguette magique, je changerais le monde.

Je conditionnerai les humains à se respecter les uns les autres, à ne pas toujours vouloir plus, je supprimerai leurs instincts bestiaux de possession, de domination…

Il n'y aurait plus de guerres, plus de meurtres, de crimes...

Je supprimerai les états nous serions le Monde, je supprimerai les monnaies, nous ferions du troc, il y aurait du travail pour tous...

Je ferai en sorte que tous les humains respectent la nature, notre planète...

Tous les humains qui dérogeraient à ces règles seraient automatiquement reconditionnés...

Je sais c'est un tout petit peu utopique. »

 

Ce n’est pas du tout utopique, il faut croire en ses rêves cher magicien en herbe, je pense que votre programme politique ouvre des grandes perspectives pour le monde libre. Auriez-vous des projets pour 2012 ?

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : Journal de campagne 2012
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Jeudi 23 juillet 2009

Bonjour, je me nomme Walter Mäntzsch. Un nom évocateur pour les fidèles lecteurs de ce blog. Je laisse le soin à nos nouveaux visiteurs de prendre connaissance des précédents épisodes.

 

Si je m'adresse directement à vous aujourd'hui, c'est en raison d'un terrible accident survenu il y a quelques mois, mettant en péril l'existence de Yuri Kane, notre prophète.

 

Après six mois de silence, ce blog repris vie avec la mise en ligne de cinq textes au contenu onirique (Indice de baux, Le débarquement, Sandbox blues, Je traverse le monde sur un chemin de cendres froides, Dans les pas de l'enfant). Il s'agissait du parcours entre la vie et la mort de Yuri Kane.

 

Aujourd'hui Yuri se repose dans sa nouvelle résidence avant de reprendre la parole. Il m'a chargé de tenir ce blog et de poursuivre son œuvre le temps de sa convalescence.

 

Avant toute chose reprenons au départ. Laissez-moi vous raconter une dernière histoire.

 

Dernière vision

 

Entrée en matière, un article paru sur Francis.
Un article mis en ligne par Francis, lui-même.
Un article apprécié par Francis, au début.
Un article lu par la maman de Francis.
Lu et relu par la maman de Francis.

Encore une dernière relecture.
Conséquence directe. Six mois d'absence.

Dernière vision : Yuri Kane attrape sa veste.
Il est déjà trop tard.

 

Francis est content que l'on s'intéresse à lui. Il a trouvé une bande de copains. Francis a des amis, youpi, pour la première fois de sa triste vie. Ecoutons Francis, le soir du réveillon, le soir de notre premier meeting : « C'est la meilleure soirée de ma vie ! »

Ecoutons Francis, le jour de la mise en ligne de son portrait, souriant, presque épanouit, Francis la gloriole : « J'ai vraiment galéré pendant longtemps Yuri. Mais là je crois que je commence à vraiment me sentir bien dans ma peau tu vois ce que je veux dire. »

Oui Francis, nous sommes heureux pour toi, vachement heureux. Maintenant écoutons Francis, euphorique comme une pucelle un soir de bal au village. Il montre le site à maman : « Regarde là c'est ma photo et puis là il y a un texte en dessous qui parle de moi »

Observons cette fois Francis, hésitant, surplombé par le visage rougeaud de maman : « Comment  tu trouves ca ? »

 

A première vue il semblerait que nous ayons ébréché un mythe. Maman la psychanalyste à la retraite n'apprécie guère l'éloge de débauche suintant de notre publication. Cela ne se fait pas sans dégât sur Francis, déjà assommé par un surmoi maternel gonflé au syndrome climatérien.

 

Francis passe devant la fenêtre par une après-midi pluvieuse ; Francis a l'air maussade. C'est curieux car il n'a rien à faire ici. Nous sommes samedi. Des oiseaux traversent l'écran. Yuri fais du tri dans des documents administratifs.

Francis entre. Francis fulmine.

-       Tu te serais pas foutu de moi ?

Alors que Yuri allait lui demander s'il avait oublié un truc au local, il enchaîne sur son texte qu'il a du apprendre par cœur sur la route.

-       Tu crois que je ne suis pas capable de me rendre compte que tu te fous de ma gueule ?

Yuri repose les documents. Francis s'approche du PC. Francis rumine, Francis déroule.

-       Alors comme ca tu me prends pour un pigeon, tu crois que tu vas pouvoir continuer à écrire des conneries sur les gens sans en assumer les conséquences ?

Alors que Yuri tente de le calmer. Il se fait bousculer. Il vacille. Il se rattrape d'une main sur un bureau, proche de la chute.

-       Tu crois que je vais me laisser faire ?

Il hurle :

-       Hein Yuri tu crois que je vais le laisser faire ?

Yuri n'ose répondre, reprends son équilibre, évite de justesse un coup de pied qui finit sa course dans la tour d'un pc. Le bureau tremble et l'écran se brise sur le sol. Yuri tourne la tête, Francis arrache le modem, continue à hurler :

-       Tu crois ? Tu crois ?

Francis en pleine furie avec le modem dans les mains, hurle et jette des objets aux quatre coins de la pièce. Il saccage l'une des tables, les feuilles volent, c'est un volcan administratif qui s'abat sur Yuri Kane, la colère des petites mains de l'intendance, une bouteille d'eau se renverse sur la table. Au ralenti. L'explosion de la multiprise provoque l'onde de choc tant attendu. Des formulaires administratifs s'embrasent déjà. Le vandale se défile, des flammèches de tracts à hauteur de visage. Yuri cherche une couverture. Il attrape sa veste. Yuri éteint le feu quand un crépitement assourdissant illumine le visage de Francis sur une ultime expression de fureur et d'étonnement.

 

« Cher Francis.

Je passe un bon séjour ici, les infirmières sont aussi souriantes que les machines qui me maintiennent en vie. L'hôpital est très accueillant. Les gens sont très sympathiques. Je dois être sacrément amoché pour provoquer une telle empathie. Je ne peux parler qu'au prix de grands efforts. Sans mes bandages et avec une greffe de peau je t'aurai volontiers adressé cette carte de mes mains. Avec ces quelques mots au dos d'une carte postale illustrant l'écorchage d'un cochon vivant :

 

Voici ma dernière vision : J'attrape ma veste et je pars sur la route.

 

Yuri Kane »

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La vie de Yuri Kane
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Vendredi 17 juillet 2009




C'est la fin du voyage.

Rapport transmit au général en bonne et due forme.

Je suis de retour.

J'ai voyagé sous la lune une longue nuit sans fin.

J'ai marché derrière les pas d'une ancienne vie.

Je suis un enfant.

 

Au départ, au plus loin que je me souvienne.

Des jambes et des bras qui me portent.

Mais les idées se mélangent.

C'est l'enfant qui parle.

Aujourd'hui je poursuis les traces de mon passage.

Dans les cendres de mon ancienne vie.

C'est le mort qui parle.

 

Je vois des cendres.

Depuis si longtemps.

Je suis un enfant.

En marchant dans les pas qu'il laisse sur le sol de cette terre dévastée.

 

J'ai longé de longs fleuves noirs.

J'ai du traversé des bosquets où trônaient d'anciens bûchers.

De ces tapis de cendres ne subsiste que les pas d'un enfant.

Au bout de 17 nuits la lune disparut derrière une montagne dont la cime plonge en dehors de ce monde.

Elle en crève le plafond.

Comme l'enfant qui ne voit que les jambes.

Je suis incapable de voir ce qui se trame là haut.

Encore moins l'imaginer.

J'ai suivi ses pas pour me livrer aux bras de ces monts invisibles.

 

Au dernier matin de ma mort.

J'ai supplié la montagne de prendre mon âme.

De se servir directement.

Sur mon être agenouillé dans les cendres.

La montagne ne me laisse aucun répit.

Elle ne laisse filtrer aucune révélation.

Je crie, je jure, je me lève et j'insulte la surface de cette terre de cendre qui ne garde aucune trace de mes pas.

Sinon quelques particules flottant dans les airs.

Pour rappeler tout au plus un passage.

A peine une présence.

 

Le ciel tremble.

La cendre vibre.

Un tapis de fumée prend possession des lieux.

Ce monde accueille la rosée funèbre du dernier matin de ma mort.

 

Je vois des cendres.

Depuis si longtemps.

Je crie mon amour à ces montagnes qui me désignent.

Le ciel s'ouvre, c'est un volcan qui m'illumine.

 

J'ai retrouvé le sourire.

La lumière pourpre et orangée filtre au travers du brouillard.

Mes prières ont animé les feux de la terre.

Je suis à la fin de mon voyage.
Savoir si je mérite de continuer sur ce chemin.

Je vois la gerbe, belle et flamboyante.

Elle me prend dans ses bras.

C'est un amour total qui remplit mon âme.

Elle décide d'intercéder en ma faveur.

Je redeviens le maître de mon destin.

Les lumières s'éteignent.

La cendre retombe.

Un voile blanc recouvre mes lèvres.

 

Je vois des cendres.

Depuis si longtemps.

Je suis gris et terne.

C'est la machine qui souffle la vie..

A l'intérieur d'un corps inanimé sur ce lit d'hôpital.

J'approche lentement.

Je pose la main sur ma main.

Je suis de retour chez moi.

Je suis vivant.

 


Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La vie de Yuri Kane
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Dimanche 12 juillet 2009






Le voyage continue.

La machine reprend ses droits.

Au petit matin, il ne reste du bûcher qu'un tas de cendres à peine fumantes.

Je dois toujours affronter ce monde.

J'aurais cru un instant, le temps du sacrifice, revoir ma maison d'enfance, ma campagne natale.

Mais ce monde n'est qu'illusion.

La dévastation, l'odeur du souffre, l'éclat de l'onyx et cette vibration persistante dans le ciel ; cette mise en scène n'a qu'une fin.

Dévier toute marche vers ma quête.  

Pourtant, j'ai toujours vécu ici. Et maintenant.

 

J'ai perdu l'étincelle,
ne demeurent que des pas sur un tapis de cendre.

 

Je fais mes adieux à l'infirme. Il ne souhaite pas continuer la route avec moi.

L'horizon qui nous fait face dépasse son entendement.

Alors je reprends mon chemin, je suis les traces de pas dans les cendres.

L'enfant que j'étais à déjà pris de l'avance.

Je récolte quelques baies dans l'un des derniers buissons encore en vie dans cette partie du continent.

Il ne m'apparaît qu'une voie pour rejoindre la lune.

Seul sur la route.

L'ultime raison de voir la vie lorsque l'on a tout abandonné.

 

J'ai perdu l'étincelle,
ne demeurent que des cendres à l'horizon de mes rêves d'enfant.

 

De temps en temps j'aperçois des formes.

Elles bougent aux abords des forêts.

Je préfère ne pas penser à ce qu'elles pourraient faire de mon âme.

J'ai retrouvé un but, je dois toucher la lune.

L'enfant, au loin devant moi, a-t-il rejoint les habitants de ces forêts malsaines ?

La magnificence d'un ancien ordre a fait place aux vestiges de troncs déchiquetés baignant dans des mares acides.

Au croisement j'aperçois un petit animal qui se débat dans l'un de ces marécages.

Ce pourrait être l'enfant que je poursuis depuis si longtemps.

Pourtant, je passe mon chemin, il est déjà tard.

 

J'ai perdu l'étincelle,
ne demeurent que des pas, l'impression d'avancer dans le noir.

 

A cet endroit, à ce moment, le monde n'est qu'un tapis de cendre.

Je retrouve la trace des pas de l'enfant.

Le voyage continue.

La mort reprend ses droits.

Le vent se lève sur un nouveau monde.

Au petit matin la terre n'est plus qu'un bûcher éteint.

Je traverse un continent sur un chemin de cendres froides.

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La vie de Yuri Kane
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Samedi 4 juillet 2009

C'est le blues du bac à sable.

Rythmé par les battements et le souffle de la machine qui m'anime.

Je m'enfonce dans mon bac à sable.

Je suis redevenu le petit enfant qui joue avec les allumettes.

 

I'm dead, i'm dead now, i'm dead under the sandbox.

Et tu me regardes jouer avec le feu.

Tes cheveux brillent dans le ciel, tu es belle et tu t'enflammes.

 

J'explore inlassablement le fond de mon bac à sable et je retrouve des gemmes, des roches aux facettes enivrantes, je tente de les remonter à la surface pour te couvrir d'une parure d'onyx dont les reflets brumeux m'indiqueraient ce qu'auraient pu devenir mes vies. Je m'arrête, transit, par cette seule vision.

 

I'm dead, i'm dead now, i'm dead under the sandbox.

Et tu tournes la tête, en pleine extase.

Je ne suis qu'un enfant dans un bac à sable, dans la clarté de tes yeux capricieux.

 

Je retourne dans ma mine personnelle et je croise de vieux locataires comme ce borgne à la jambe de bois. Il trace sa voie dans les profondeurs pour y semer notre haine ou notre amour.

Et qu'importe ce que nous lui offrirons. Mon offrande, mon cœur sur un plateau, au sommet d'une montagne, au centre de la rosace d'une cathédrale d'argile.

Il repousse le tout. C'est un solitaire qui ne tolère aucun autre cadeau qu'un sentiment.

 

I'm dead, i'm dead now, i'm dead under the sandbox.

Et je t'offre en sacrifice à cet infirme qui n'aurait jamais vu la lumière.

Tu t'enfonces avec moi, in the sandbox, babe.

 

Le blues du bac à sable reprend son cours.

Lent et obstiné comme un homme qui aurait décidé de vider le sac de sa préhistoire. Seuls quelques éclairs viendraient illuminer cette morne entreprise.

L'infirme nous guide à travers une clairière perdue que les oiseaux ont désertée depuis des siècles. J'aime cette odeur de souffre. 

Ce paysage je l'ai toujours connu, la machine, la pluie, l'orage et cette vibration onyx, j'ai toujours cru que tout cela me serait resté interdit, je suis de nouveau chez moi quand tout s'éclaire autour de cet autel.

 

I'm dead, i'm dead now, i'm dead under the sandbox.

Et tu me regardes jouer avec le feu.

Tes cheveux brillent dans le ciel, tu es belle.

Et tu t'enflammes.

Par Yuri Kane 2012 - Publié dans : La vie de Yuri Kane
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Journal de campagne

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  • : Art Mort Prophète Fin du monde mythes Politique
  • : J'annonce la fin du monde lors de ma présentation aux élections présidentielles françaises de 2012. Je suis aussi une réflexion sur l'art et d'autres trucs pas vraiment important comme le monde, les mythes, la survie, la mort et la fin du monde... Contrairement à ses opposants politiques Yuri Kane n'applique aucune censure dans les commentaires.
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