Vous êtes sur le blog de Yuri Kane qui est encore en convalescence pour le moment (merci de lire les messages précédents pour plus de renseignement). Je suis Walter Mäntzsche et
j’assure l’intérim de la gestion du contenu de ce journal de campagne. Je vous invite à découvrir les archives non publiées de Yuri Kane en attendant son retour. N’oubliez pas 2012 approche et
notre courrier des lecteurs reste ouvert, témoignez sur yurikane2012@gmail.com.
Question de JH43ansdu51 - Doit-on couler Daniel BUREN dans une colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm ?
Il s’agit là d’une question à double tranchant. Quel effet voulez-vous produire en coulant l’un de nos plus illustres artistes dans du béton ? Je vois deux solutions, le réduire au silence en lui
offrant un sarcophage digne de son génie ou utiliser Monsieur Buren comme le support visuel d’un happening ou d‘une installation vidéo.
Je vous laisse seul juge de votre audace s’il s’agit de la seconde proposition. Dans l’autre cas il est intéressant de se plonger sur le cas Buren. Le champion national de l’art officiel et de la
polémique en carton.
Séquence vidéo, plan fixe :
Daniel Buren coule à la vitesse d’une image par seconde dans un bain de béton. Le béton coule de deux sources, l’une noir, l’autre blanche.
Image 342. Fin.
Retour en arrière et lecture. Vous pouvez continuez la visite et admirer d’étranges ready made sur votre droite.
Rappelons pour nos plus jeunes lecteurs qui était Daniel BUREN avant de devenir le petit vieux sénile et râleur que l’on ressort de temps à autres à la télé, comme dans l’émission
« Capital » de M6 parce qu’il ne percevait pas de droits d’auteurs sur les ventes de cartes postales où figurent des photos de places publiques décorées de ses colonnes financées par le
contribuable.
Buren c’est l’artiste contemporain que tout le monde connaît et que personne n’aime vraiment. Mais quoi de plus intéressant pour les médias de masse et pour le Beau Monde qu’un artiste qui n’a
pas grand-chose à dire mais sur qui tout le monde peut avoir un avis. Daniel BUREN c’est le type qui pose des rayures sur tous les supports. Si vous voyez des rayures sur n’importe quoi, vous
pouvez dire « c’est du Buren » et vous aurez l’air intelligent, voir cultivé. Mais ne trahissons pas ses propos, voici ce qu’il en dit :
Citation :
«Je n’expose pas des bandes rayées, mais des bandes rayées dans un certain contexte».
Voila qui est dit.
Voila à quoi se limite notre culture.
Ne parlons pas de choses profondes. Limitons-nous à diffuser notre petit avis sur la question. Buren permet à tous d’avoir un avis sur la question, parce que c’est un artiste qui ne pose pas de
questions et qui apporte des réponses. Nous discutons d’un contexte sans s’interroger sur le fond, puisque le vide a remplacé le fond ou que le vide n’en finit plus de toucher le fond. Voila l’un
des multiples renversements de valeurs opérés par l’art depuis plusieurs décennies.
Sous couvert d’une problématique d’objectivité, d’« outil visuel » et de transgression des frontières artistiques et sociales, Daniel BUREN continue à nous servir sa soupe froide
et sans saveur depuis presque trente ans. Il révèle les lieux, affirme-t-on.
Depuis quand un lieu a-t-il besoin d’être révélé par la construction de pilonnes en béton alors que seul la lumière révèle ?
Deux choses.
Son œuvre se réclame d’un caractère impersonnel et anonyme.
C’est risible.
Et puisque tout le principe des bandes repose là-dessus, pourquoi ne s’est il pas battu pour que Ses Colonnes ne portent pas Son Nom, pourquoi s’acharne-t-il a reproduire à qui veut bien le voir
Son Motif Mégalomane ?
Ensuite, Daniel BUREN restera pour la postérité un imposteur auprès du public. Un bâtisseur qui a édifié des ruines. Un habilleur sans rêve et sans foi qui prétend révéler le caractère d’un lieu
à l’aide de décors insipides et sans redoutable revendication esthétique. Là aussi permettez-moi de revenir à la charge et de répéter qu’il est vain de prétendre à l’impersonnalité et à
l’anonymat quand on a fait de ses « bandes » une telle marque de fabrique.
Certains (sont-ils encore si nombreux ?) voudraient nous empêcher de critiquer les produits de Daniel BUREN. Ce n’est pas de l’agitation ou un ravalement qui masqueront le délabrement
esthétique et conceptuel de toute une époque.
Le roi est nu. Son apparat de béton s’émiette à vue d’œil.
Note :
Toi, le jeune étudiant en art qui lit ces lignes, ajoute une touche d’humour dans ton devoir d’histoire de l’art en recopiant cette boutade. Les pilonnes de Daniel BUREN sont à la sculpture
ce que les maisons Mikit sont à l’architecture.
On pourrait croire que Daniel BUREN est un artiste docile qui obéit aux ordres et aux commandes et qui se contente de faire d’aligner les bandes. Mais point. Daniel BUREN est un artiste avant
d’être un mercenaire, donc un rebelle.
Le genre de rebelle qui déclare à l’AFP que l’état de dégradation des ses colonnes est, je cite « du vandalisme d’état ». Après que nous ayons financé cet alignement de béton aux
alentours de 9 millions de francs à l’époque, soit environ 1,3 millions d’euros d’aujourd’hui, Monsieur Buren demande à ce que nous réglions la note de la restauration dont le devis approche les
3 millions d’euros.
Ce qui est intéressant avec Buren c’est que ses thuriféraires avancent l’idée que dans les siècles prochains il ne restera plus de la capitale que les fondations de bâtiments à visiter. Comme
nous visitons en Grèce et en Italie les ruines et les fondations des édifices de l’antiquité, les touristes du futur visiteront les colonnes de Buren qui sont éternelles car déjà détruites. C’est
un concept, dit-on en langage artistique.
Eclaircissons plusieurs points pour nos lecteurs qui ne parlent pas la novlangue artistique.
Premier point. D’un point de vue bêtement physique le béton ne survivra pas à la pierre, et les colonnes ne survivront pas aux bâtiments Haussmanniens ni au Louvre. Quand on voit la façon dont
l’installation s’est désagrégées en à peine vingt ans, Daniel BUREN, trop imbu de sa personne, n’aura pas la décence de porter la responsabilité de ladite dégradation sur ses épaules et surtout
il ne remettra pas en cause ses compétences en matière de maîtrise d’ouvrage. Ce qui devrait porter à réflexion à tous les acheteurs d’art qui souhaitent miser sur le long terme.
Première conclusion :
Daniel BUREN ne ferait pas un bon architecte, même chez Mikit.
Second point. Si les vestiges de Paris sont visités dans le futur par les archéologues il faut que Daniel BUREN sache qu’il aura au moins le mérite de porter à la connaissance de nos descendants
toute la ruine de la pensée du 20ème siècle. Quand ils chercheront à comprendre quel édifice était construit sur ces fondations et qu’un rapide calcul montrera que rien ne pouvait se
tenir à cet endroit. Il sera terrifiant pour nos visiteurs de savoir que des artistes ont conçus des monuments à la gloire du vide et du néant.
Seconde conclusion : Cela n’est-il déjà pas terrifiant ?
Troisième point. Cher Daniel BUREN, vous menacez de faire détruire ces colonnes. Alors passez aux actes ! Laissez un message dans les commentaires si vous cherchez de la main d’œuvre bon
marché, on peut vous filer un coup de main. Nous sommes équipés pour ce genre de chantier. Vous pouvez aussi me contacter à cette adresse : YURIKANE2012@gmail.com.
S’il vous prend l’idée de me poursuivre en justice pour diffamation, merci d’avance, cela aurait un impact influant sur l’audience de ce blog de campagne. Et l’on sait à quel point vous êtes un
incomparable support médiatique.
Troisième conclusion : Alors vos colonnes sont en train de se désagréger, c’est tout votre système de pensée qui tombe en miette. Aucune agitation médiatique de soutiendra le vide soutenu
par vos colonnes.
Pour mes lecteurs qui ne regardent que les images et lisent le texte en diagonale voici un petit résumé de ce que je viens d’écrire.
Daniel Buren c’est : (rayez la mention inutile)
L’art officiel infligé à la population.
Une vision de l’exception culturelle française au reste du monde.
Un artiste qui met en avant le contenant et le sponsor à défaut d’avoir du contenu.
De la branlette post moderne.
Un « outilleur » visuel visant l’éternel qui construit des édifices qui tombent en ruine en deux décennies
Un cuistre visant l’impersonnel et qui est incapable de s’effacer derrière son œuvre.
Alors mon cher JH43ansdu51, à votre question doit-on couler Daniel BUREN dans une colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm ? Je vous répondrais que cela n’en vaut pas
la peine. Les artistes meurent, les œuvres survivent, ou pas. Nous pouvons faire en sorte que ces blocs de bétons ne survivent pas à leurs commanditaires puisqu’elles ne veulent pas aspirer à
l’indifférence.
Aussi si vous n’avez pas les facilités de vous rendre au palais royal pour pilonner du béton vous pouvez construire vous-même votre propre colonne de béton avec des bandes verticales de 8,7 cm de
large et la disposer sur la place de votre village. Après avoir provoqué le débat dans la presse locale, il ne vous restera plus qu’à détruire votre colonne au burin.
Ajout :
L’un de mes collaborateurs me fit remarquer que les enfants aiment bien jouer sur les colonnes et que cela amuse aussi les touristes. Je répondrais que si les enfants et les touristes apprécient
l’art contemporain c’est parce que les œuvres d’art contemporaines sont des jouets pour grands enfants et leurs musées sont devenus des cours de récréations culturelles.